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Jeux Vidéo pervers


Je me rends de temps à autre dans un cybercafé pour des interventions techniques sur mes ordinateurs. Pour me rendre dans l’atelier, je traverse une salle où s’alignent une quarantaine de box avec chacun un ordinateur et un siège. Ces postes sont majoritairement occupés par des jeunes à partir d’une douzaine d’années. Or je constate avec horreur que 80 % de ces jeunes s’excitent sur des jeux vidéo de combat de rue consistant à tuer le plus d’ennemis possibles à la mitrailleuse. On banalise le fait de tuer sans état d’âme dans un plaisir illusoire de superpuissance et sans risque réel, ceci faisant oublier les frustrantes difficultés du quotidien.

Lorsque je me suis étonné de cet engouement pour ces jeux à tuer auprès des gérants de l’établissement, ils m’ont très gentiment rétorqué que des millions de jeunes dans tous les pays du monde s’adonnent à cette façon de faire de l’adrénaline. L’on peut aussi faire de l’adrénaline en pilotant en virtuel des voitures à 300 km/h ou des supercoptères dans des gorges de montagne. Bref une façon de se défouler à bon compte, et Dieu sait si les jeunes ont toujours eu plus ou moins besoin d’exploits violents et de bravoure à un moment donné. Il semble donc que pour beaucoup, tuer soit une façon d’exorciser les peurs, et de se rassurer.

Mais ne jetons pas spécialement la pierre aux jeux vidéo – les parents n’achètent-ils pas couramment à leurs gamins dès l’âge de 3 ans, des fusils, des mitrailleuses, des chars d’assaut, bref des panoplies de guerriers, peut-être inconsciemment pour les préparer à faire la guerre ? Le problème est que l’enfance est une étape de construction de l’être donnant lieu à une certaine fragilité psychique, en particulier au niveau des repères. Il ne faut donc pas s’étonner, que certains ados mal dans leur peau, intoxiqués par la malbouffe, de plus un peu abonnés à la « poudre blanche » puissent transférer leur formatage virtuel dans le monde réel, sans bien réaliser qu’ils ont franchi la frontière où l’on est soudain responsable de ses actes…

MD

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